Acheter un logement suit un déroulé précis, presque toujours identique, que l’on soit primo-accédant ou déjà propriétaire. Entre la définition du budget et la remise des clés, chaque étape conditionne la suivante. Voici l’ordre exact des démarches à suivre, avec les délais légaux à connaître.
Les étapes d’un achat immobilier, dans l’ordre
Un achat immobilier se déroule en six grandes phases : définir son projet et sa capacité d’emprunt, rechercher et visiter des biens, faire une offre d’achat, signer l’avant-contrat, obtenir le financement pendant le délai de rétractation, puis signer l’acte authentique chez le notaire. Entre l’offre acceptée et la remise des clés, il faut généralement compter deux à trois mois.
| Étape | Durée moyenne |
|---|---|
| Définition du projet et capacité d’emprunt | 1 à 4 semaines |
| Recherche et visites | Variable (1 à 6 mois) |
| Offre d’achat et négociation | Quelques jours |
| Compromis de vente | 1 à 3 semaines après l’offre |
| Délai de rétractation | 10 jours |
| Obtention du crédit | 45 à 60 jours après le compromis |
| Acte authentique et remise des clés | Le jour de la signature |
1. Définir son projet immobilier et évaluer sa capacité d’emprunt
Avant toute visite, il faut savoir combien on peut emprunter. La capacité d’emprunt dépend des revenus, du taux d’endettement (plafonné à 35 % en général) et de l’apport personnel. Un simulateur bancaire ou un rendez-vous avec un courtier permet d’obtenir une estimation réaliste et d’éviter de viser des biens hors budget.
Pour un primo-accédant, cette étape inclut aussi le repérage des aides possibles : prêt à taux zéro, prêt action logement, ou dispositifs locaux. Un dossier solide avec un apport de 10 % environ (couvrant souvent les frais de notaire) facilite grandement l’obtention du prêt par la suite.
2. Rechercher et visiter des biens

La recherche s’appuie sur des critères précis : localisation, surface, nombre de pièces, budget maximal. Chaque visite bien immobilier doit être l’occasion de vérifier l’état général, l’exposition, les nuisances éventuelles et de demander les diagnostics disponibles, notamment le DPE.
Le DPE renseigne sur la consommation énergétique et les émissions de gaz à effet de serre du logement. Il fait partie des diagnostics immobiliers obligatoires que le vendeur doit fournir avant la signature de l’avant-contrat, aux côtés du diagnostic amiante, plomb ou termites selon la localisation et l’ancienneté du bien.
3. Faire une offre d’achat et négocier le prix
Une fois le bien trouvé, l’acheteur formule une offre écrite, en général au prix affiché ou légèrement en dessous. La négociation prix se joue souvent sur des arguments concrets : travaux à prévoir, délai de vente du vendeur, ou comparaison avec des biens similaires du secteur.
Si le vendeur accepte l’offre, la vente est réputée conclue sur le principe, même si rien n’est encore signé formellement. Cette étape reste rapide, généralement bouclée en quelques jours.
4. Signer l’avant-contrat : compromis ou promesse de vente
L’avant-contrat formalise l’accord entre les deux parties. Il prend le plus souvent la forme d’un compromis de vente, qui engage acheteur et vendeur, ou plus rarement d’une promesse de vente, qui n’engage que le vendeur. À cette étape, l’acheteur verse un dépôt de garantie (aussi appelé séquestre), généralement entre 5 et 10 % du prix de vente, conservé par le notaire ou l’agence jusqu’à la signature définitive.
Clauses suspensives à prévoir
Le compromis intègre des clauses suspensives qui protègent l’acheteur. La plus courante est la condition suspensive de financement : si le prêt est refusé, la vente est annulée sans pénalité. D’autres clauses peuvent porter sur l’exercice du droit de préemption par la mairie, ou sur l’obtention d’un permis de construire pour certains projets.
5. Délai de rétractation et obtention du crédit immobilier

Dès la signature du compromis, l’acheteur bénéficie d’un délai de rétractation de 10 jours calendaires, pendant lequel il peut annuler la vente sans justification ni pénalité. Passé ce délai, le compromis devient définitif, sous réserve des clauses suspensives.
Le compromis fixe généralement un délai de 45 à 60 jours pour obtenir l’offre de prêt. Ce document, envoyé par la banque, doit être accepté après un délai de réflexion de 10 jours minimum. Il vaut mieux déposer sa demande de crédit dès la signature du compromis pour ne pas être pris de court.
Assurance emprunteur
Aucun crédit immobilier n’est accordé sans assurance emprunteur. Elle couvre les risques de décès, d’invalidité ou de perte d’emploi selon les garanties choisies. Grâce à la délégation d’assurance, l’emprunteur peut souscrire un contrat auprès d’un assureur externe plutôt que celui proposé par la banque, souvent pour un tarif plus avantageux, à condition que les garanties soient équivalentes.
L’erreur à ne pas commettre avec le financement
Signer une offre de prêt sans comparer plusieurs banques ou sans négocier l’assurance emprunteur en délégation peut coûter plusieurs milliers d’euros sur la durée du crédit. Un courtier permet souvent de gagner du temps et d’obtenir de meilleures conditions.
6. Signature de l’acte authentique de vente chez le notaire
Une fois le financement obtenu, le notaire prépare l’acte de vente définitif. Cette étape survient généralement trois mois après le compromis. Le jour de la signature de l’acte authentique, l’acheteur règle le solde du prix, les frais de notaire (environ 7 à 8 % dans l’ancien, 2 à 3 % dans le neuf), et devient officiellement propriétaire.
La remise des clés a lieu le même jour, sauf accord contraire entre les parties. Le notaire procède ensuite à la publication de la vente au service de publicité foncière, formalité qui rend la transaction opposable aux tiers.
Chaque étape de ce parcours répond à un cadre légal précis, pensé pour protéger acheteur comme vendeur. Respecter l’ordre et les délais, notamment ceux liés à la rétractation et au financement, reste la meilleure garantie d’une transaction sans mauvaise surprise.





