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+40 % en un mois sur le marché de l’électricité : faut-il sortir du tarif réglementé avant février ?

Facture electricite posee sur table avec calculatrice et stylo

Le 14 septembre, le kilowattheure s’est vendu en moyenne 21,6 centimes sur le marché de gros. C’est plus que ce que paient aujourd’hui les consommateurs au tarif Bleu d’EDF, taxes et transport compris. En un mois, l’électricité a bondi de 40 %, et les 19,37 millions de ménages encore au tarif réglementé se posent la même question : faut-il partir avant qu’il ne soit trop tard ?

Faut-il quitter le tarif réglementé avant février ? La réponse courte

Pour la grande majorité des foyers, non. Le tarif réglementé de vente d’électricité (TRVE) amortit les à-coups du marché de gros, et la flambée de septembre pèsera très peu sur la révision du 1er février. Quitter le tarif Bleu dans la précipitation n’a donc rien d’une urgence.

Deux situations font exception. Si vous êtes abonné en option Base avec une puissance de 18 kVA ou plus, vous devez de toute façon choisir avant le 1er février 2027. Et si vous cherchez à payer moins cher que le tarif réglementé, certaines offres à prix fixe restent aujourd’hui plus avantageuses, à condition d’en connaître les limites.

Pourquoi la flambée de +40 % arrive trop tard pour le tarif de février

Le TRVE est révisé deux fois par an : au 1er février, où les coûts sont remis à zéro, puis au 1er août pour un ajustement. L’été dernier, la hausse a été de 2,5 %. Le prochain rendez-vous tombe donc le 1er février 2027, avec une officialisation des nouveaux prix à la mi-janvier.

La CRE ne se base pas sur le prix du jour. Elle calcule le tarif comme si l’électricité d’une année entière avait été achetée par petites quantités régulières. Pour 2027, ces achats fictifs ont démarré en janvier 2025. Le prix moyen obtenu s’établit aujourd’hui à 5,8 centimes le kWh. Un pic de quelques semaines pèse donc peu dans une moyenne bâtie sur près de deux ans.

Lissage : pourquoi le marché ne se répercute pas d’un coup

Le tarif réglementé repose sur des achats étalés dans le temps. Une envolée du prix de gros en septembre 2026 touche d’abord les offres de marché qui s’alignent sur le marché, bien avant le tarif Bleu.

Le vrai risque : le supplément d’hiver, lissé sur un an seulement

facture electricite posee sur table avec calculatrice et stylo

Le tarif contient un supplément destiné à couvrir l’électricité d’hiver, plus chère que celle du reste de l’année. Ce supplément n’est lissé que sur un an. C’est la porte dérobée par laquelle une partie de la hausse peut arriver dans votre facture d’électricité.

L’écart entre le prix des mois d’hiver 2027 et la moyenne annuelle atteignait 6,2 centimes à la mi-septembre. Dans le calcul du tarif actuel, il n’était que de 2,2 centimes. Voilà ce qui pourrait faire monter le prix du kWh en février, sans que cela ressemble à un choc de +40 %.

D’autres éléments sont déjà inscrits à l’agenda par la CRE, certains à la hausse, d’autres à la baisse :

Élément Ce qui est prévu au 1er février
Mécanisme de capacité Solde du reliquat de l’ancien mécanisme
Régularisation Correction des écarts entre prévisions et coûts réels de 2026 (remise actuelle d’environ 0,9 € par MWh, qui peut grossir, fondre ou s’inverser)
Accise sur l’électricité Nouvelle baisse
Versement nucléaire universel Aucun reversement prévu dans l’estimation de juillet, faite avant la flambée ; mise à jour mensuelle à partir d’octobre

Le versement nucléaire universel est à surveiller de près. Il doit redistribuer aux consommateurs une partie des gains d’EDF quand les prix s’envolent. Avec le marché actuel, l’estimation de la CRE pourrait donc évoluer dans les prochains mois.

Offres de marché : indexées ou à prix fixe, laquelle choisir ?

Avant de résilier quoi que ce soit, regardez ce que l’on vous propose ailleurs. Les offres de marché se répartissent en deux familles, et elles n’offrent pas du tout la même protection.

Les offres indexées suivent le tarif réglementé avec une remise fixe. Elles augmenteront donc dès le 1er février, comme le tarif Bleu. Vous payez un peu moins cher, mais vous ne vous mettez pas à l’abri d’une hausse.

Les offres à prix fixe bloquent le prix du kWh hors taxes pendant un à trois ans selon les contrats. Plusieurs restent moins chères que le tarif réglementé, avec des écarts annoncés de l’ordre de 8 à 12 % sur le kWh. Pour comparer sérieusement, un comparateur reste utile, à condition de vérifier la durée de l’engagement et le prix de l’abonnement.

Prix fixe : ce que le contrat ne vous garantit pas

Le prix bloqué est hors taxes : l’accise et les autres taxes restent à votre charge et peuvent évoluer. Et si le prix de l’électricité baisse sur les marchés, votre tarif, lui, ne baissera pas.

À titre d’ordre de grandeur, une remise de 10 % sur 1 000 € de consommation de kWh représente environ 100 € par an. L’économie réelle dépend de votre contrat, de votre abonnement et des taxes.

Abonnés en option Base de 18 kVA et plus : la date limite du 1er février 2027

C’est le cas le plus souvent oublié, et le seul où une échéance vous est imposée. La CRE a acté la suppression de l’option Base pour les puissances de 18 kVA et plus en métropole. Les abonnés concernés ont jusqu’au 1er février 2027 pour choisir.

Trois options s’offrent à eux :

  • passer en option heures pleines / heures creuses ;
  • réduire leur puissance souscrite à 6 kVA maximum ;
  • quitter le tarif Bleu pour une offre de marché.

Sans décision de votre part, vous serez basculé automatiquement en heures pleines / heures creuses. Ce choix par défaut peut convenir si vous décalez une partie de votre consommation (chauffe-eau, lave-linge) vers les heures creuses, et notre guide explique comment reprogrammer ces appareils aux heures creuses. Si ce n’est pas le cas, mieux vaut simuler votre facture avant la date limite plutôt que de subir le changement.

Que faire concrètement d’ici février ?

Facture electrique et calculatrice sur un bureau

Si vous êtes au tarif Bleu avec une puissance inférieure à 18 kVA, vous n’avez rien à faire dans l’urgence. Le lissage du tarif réglementé vous protège largement du coup de chaud de septembre, et vous pouvez attendre la publication des nouveaux prix à la mi-janvier pour comparer.

Si vous souhaitez malgré tout bloquer un prix, une offre à prix fixe peut valoir le coup, en gardant en tête qu’elle ne profitera pas d’une éventuelle baisse du marché. Si vous êtes en option Base à 18 kVA ou plus, ne laissez pas le 1er février 2027 passer sans avoir choisi. Dans les deux cas, la bonne décision se prend sur vos chiffres, pas sur un titre alarmant.

Thimeo écrit sur la finance et l'immobilier pour Affaires & Futur. Curieux de comprendre comment fonctionne l'argent et comment se construit un patrimoine, il rend accessibles les sujets qui font souvent peur : crédit, fiscalité, investissement locatif.

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Article publié par la rédaction de Affaires & Futur.

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