Quarante kilomètres au volant chaque jour, un salaire correct, et la certitude d’être hors jeu : c’est le raisonnement de beaucoup de travailleurs face à l’aide carburant de 100 euros. Ce raisonnement est peut-être périmé. Le plafond de ressources vient d’être relevé, et le calendrier du dispositif a été prolongé. Voici comment savoir si vous êtes désormais concerné.
Qui peut désormais toucher l’indemnité carburant de 100 € ?
La réponse tient dans le revenu fiscal de référence (RFR). Le plafond par part passe à 22 770 euros, contre 16 880 euros dans la première version de l’aide. Ce calcul s’appuie sur le RFR 2024, que vous trouverez sur l’avis d’imposition 2025 reçu cette année.
L’effet est massif. Jusqu’à 5,5 millions de travailleurs deviennent éligibles, contre 3 millions auparavant, soit 2,5 millions de bénéficiaires potentiels en plus. L’annonce a été faite par David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes publics, qui a confirmé que l’indemnité carburant restait un levier pour le pouvoir d’achat des foyers les plus exposés aux longs trajets.
Concrètement, ce nouveau plafond se traduit par des seuils de salaire net mensuel plus généreux, selon la composition du foyer :
| Situation du foyer | Salaire net mensuel maximum |
|---|---|
| Personne seule | 2 050 euros |
| Couple sans enfant | 4 070 euros |
| Couple avec un enfant | 5 087 euros |
| Couple avec deux enfants | 6 100 euros |
Les conditions qui restent inchangées
Le relèvement du plafond ne gomme pas le reste des critères. L’aide vise toujours les grands rouleurs, c’est-à-dire ceux dont la voiture est indispensable pour travailler. Vous devez donc remplir plusieurs conditions en même temps.
- être salarié ou travailleur indépendant ;
- utiliser un véhicule pour vos déplacements professionnels ;
- effectuer un trajet domicile-travail d’au moins 30 km aller-retour, ou parcourir plus de 8 000 km par an pour motif professionnel ;
- être domicilié fiscalement en France.
Le trajet de 40 km par jour évoqué plus haut coche donc la case de la distance. Reste à confronter votre RFR au nouveau plafond, et c’est là que beaucoup de gens découvrent qu’ils entrent finalement dans le dispositif.
Démarches : versement automatique ou demande en ligne

Tout dépend de votre situation actuelle. Si vous avez déjà perçu l’aide entre avril et septembre 2026, vous n’avez rien à faire : le versement part automatiquement à partir du 16 octobre 2026.
Si vous entrez dans le dispositif grâce au relèvement du plafond, la demande est obligatoire. Elle passe par le simulateur d’éligibilité disponible sur impots.gouv.fr, qui indique en quelques clics si vous répondez aux critères. Le dépôt des demandes en ligne est possible à partir du 22 octobre 2026.
Déjà aidé ou nouvel éligible : le réflexe selon votre cas
Vous avez touché l’aide au printemps ou à l’été : ne déposez rien, surveillez votre compte. Vous ne l’aviez jamais demandée parce que vous pensiez gagner trop : passez par le simulateur, puis déposez votre dossier.
Montant et période couverte jusqu’au 31 décembre 2026
Le montant reste fixé à 100 euros. Cette aide carburant couvre le dernier trimestre, du 1er octobre au 31 décembre 2026. Selon le ministère de l’Économie, la somme équivaut à une remise de 40 centimes par litre, calculée sur la consommation moyenne des trois derniers mois.
Ce n’est pas une fortune, mais pour un foyer qui avale des centaines de kilomètres chaque semaine, ces 100 euros pèsent réellement dans le budget carburant. D’autant que la prolongation du dispositif, en pleine crise de l’énergie, concerne désormais un public bien plus large qu’à son lancement.
Éléments à prévoir avant de faire la demande
Le document central, c’est votre avis d’imposition 2025. Il contient le RFR qui sert de base au calcul. Gardez-le sous la main avant d’ouvrir le simulateur : vous y retrouverez aussi le nombre de parts de votre foyer.
Pensez également à vérifier votre distance quotidienne. Si vous êtes proche du seuil des 30 km aller-retour, calculez votre trajet réel plutôt que de vous fier à une estimation. Les trajets professionnels peuvent aussi être pris en compte si vous dépassez les 8 000 km par an.
Le plus utile reste de tester votre cas sans attendre. Le simulateur est ouvert, la fenêtre de dépôt court, et un trajet que vous pensiez trop bien payé pour être aidé peut aujourd’hui ouvrir droit à 100 euros.






