Votre boutique a été saccagée, votre employeur a baissé le rideau, et vous vous demandez qui paiera les salaires. Après les violences du 17 octobre, le gouvernement a répondu sur ce point précis. Mais attention : il s’agit d’une annonce, pas encore d’un dispositif que l’on peut activer d’un clic.
Chômage partiel à 100 % dès mardi : ce qui est annoncé
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé que l’État prendra en charge le chômage partiel à 100 % pour les salariés des commerces touchés par les pillages et les dégradations. La mesure doit s’appliquer dès mardi. L’objectif est clair : éviter que des salariés ne paient les conséquences d’un magasin fermé ou détruit.
En temps normal, l’activité partielle laisse une partie du coût à l’employeur. Le salarié, lui, perçoit une indemnité d’environ 70 % de son salaire brut. Avec une prise en charge à 100 %, l’idée est que l’entreprise n’avance pas de reste à charge pour les heures non travaillées à cause des dégâts.
Annonce ou décret : la nuance qui compte
Pour l’instant, on parle d’une annonce gouvernementale. Les conditions précises (date exacte d’entrée en vigueur, justificatifs demandés, texte officiel) doivent être publiées avant que vous puissiez compter dessus noir sur blanc.
3 000 commerces touchés : qui est concerné ?
Selon les chiffres avancés par l’exécutif, environ 3 000 commerces ont subi des dégradations ou des pillages. Ce sont des boutiques de toutes tailles : enseignes de centre-ville, petits indépendants, commerces de proximité. Dans beaucoup de cas, les vitrines ont été brisées, les stocks emportés, et l’activité s’est arrêtée net.
Derrière ce chiffre, il y a des milliers de salariés. Caissiers, vendeurs, préparateurs de commandes : tous voient leur planning suspendu tant que le magasin ne peut pas rouvrir. Le chômage partiel vise précisément ces équipes. Le périmètre exact reste toutefois à préciser : on ne sait pas encore si seuls les commerces directement dégradés seront éligibles ou si les fermetures de précaution seront aussi couvertes.
Salariés et employeurs : les démarches à connaître

Le chômage partiel passe par une procédure en ligne. L’employeur dépose sa demande sur la plateforme d’activité partielle de l’administration, en indiquant le motif de la fermeture et le nombre de salariés concernés. Les salariés n’ont aucune démarche à faire : c’est l’employeur qui reçoit le remboursement, puis verse l’indemnité sur la fiche de paie.
En attendant les précisions officielles, voici les réflexes à adopter si votre commerce est concerné :
- Photographiez les dégâts et conservez toutes les preuves de la fermeture (date, durée, cause).
- Déclarez le sinistre à votre assureur dans les délais prévus par votre contrat.
- Préparez la liste des salariés concernés et leurs heures habituelles de travail.
- Surveillez les communications du ministère du Travail pour connaître l’ouverture exacte de la demande.
Côté salarié, le plus utile est de rester en contact avec son responsable et de vérifier que la fermeture est bien déclarée en activité partielle sur le bulletin de paie. Si vous avez un doute, le CSE ou l’inspection du travail peuvent vous renseigner.
Fonds de soutien et assurances : les autres aides
Le chômage partiel n’est pas la seule annonce. Pour voir l’ensemble des aides annoncées par Emmanuel Macron dans son allocution, consultez aussi notre article. Sébastien Lecornu a aussi évoqué un fonds de soutien pour les commerçants sinistrés et un volet consacré aux assurances. Le but : accélérer l’indemnisation des pertes de marchandises, des vitrines brisées et du matériel détruit, souvent plus lourdes que la simple perte de chiffre d’affaires.
Les modalités de ce fonds (montants, plafonds, critères) n’ont pas été détaillées au moment de l’annonce. Un commerçant qui a déjà déclaré son sinistre à son assureur a donc intérêt à conserver tous ses justificatifs : factures, inventaires, photos. Pour savoir ce que l’assurance couvre après pillage, lisez notre analyse détaillée. Ils serviront aussi bien pour l’assurance que pour une éventuelle aide publique.
Le bon réflexe en cas de pillage
Ne jetez rien avant le passage de l’expert et le dépôt de plainte. Un stock détruit ou un mobilier cassé qui disparaît sans avoir été constaté peut compliquer toute indemnisation.
Couvre-feux partiels et localisés : le reste des annonces
Autre volet de la prise de parole du Premier ministre : il a demandé aux préfets d’instaurer des couvre-feux « partiels et localisés » dans les zones les plus exposées. Ces restrictions seraient adaptées au terrain, quartier par quartier, plutôt qu’appliquées sur de vastes territoires. Les préfectures devront annoncer elles-mêmes les périmètres et les horaires.
Pour les commerçants, cette mesure a un effet direct : elle peut limiter les nouveaux pillages, mais aussi réduire les horaires d’ouverture dans certains secteurs. Là encore, le détail dépendra des arrêtés pris localement.
Ce qu’il faut surveiller dans les prochains jours
Trois points feront la différence. D’abord, la publication du texte officiel qui fixera les conditions du chômage partiel à 100 %. Ensuite, la date réelle d’ouverture des demandes pour les employeurs. Enfin, la précision du périmètre : quels commerces, sur quelle durée, avec quel plafond.
Tant que ces éléments ne sont pas publiés, la prudence s’impose. L’annonce est un signal fort pour les salariés des commerces dégradés, mais elle ne remplace pas les démarches habituelles. Préparer son dossier dès maintenant, c’est gagner du temps le jour où la plateforme s’ouvrira.





