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Panzani en négociations exclusives pour fusionner avec le portugais Cerealis, ce que deviendrait la marque

Paquets de pates alignes sur une table en bois

Les pâtes que vous achetez en rayon pourraient bientôt dépendre d’un groupe à moitié portugais. Panzani et Cerealis viennent d’annoncer leur entrée en négociations exclusives pour réunir leurs activités. Rien n’est signé, mais le projet pose déjà une question simple : que deviendrait la marque Panzani ?

Ce qui change pour la marque Panzani : une fusion encore en négociations

Commençons par ce qui est acté, et c’est peu : les deux entreprises ont annoncé vendredi, dans un communiqué commun, être en négociations exclusives. L’objectif est de créer un groupe agroalimentaire « indépendant et diversifié ». Ce n’est donc pas une opération finalisée, et rien ne garantit qu’elle aboutisse.

Si le projet va au bout, l’ensemble réunirait « deux entreprises reconnues et complémentaires en termes d’implantations géographiques, de portefeuilles de produits et de savoir-faire industriel ». Autrement dit, les deux groupes ne se marchent pas vraiment sur les pieds, ce qui explique en partie l’intérêt du rapprochement.

Pour la marque, le message des deux partenaires est plutôt rassurant sur le papier. Panzani garderait son siège à Lyon, et Cerealis resterait une entreprise portugaise basée à Porto. Le communiqué ne dit en revanche rien du sort des marques elles-mêmes ni de l’emploi : ces points ne figurent pas dans les éléments annoncés.

Deux groupes complémentaires, un seul géant européen des pâtes ?

Les deux entreprises fabriquent des pâtes sèches, mais ne vendent pas tout à fait la même chose ni au même endroit. Le tableau ci-dessous résume ce que chacune apporterait.

  Panzani Cerealis
Produits Pâtes sèches, couscous, sauces Pâtes sèches, céréales du petit-déjeuner, barres céréalières, biscuits, farine
Présence France, Pays-Bas, Europe centrale Portugal, Espagne, République tchèque, Pologne
Siège Lyon Porto
Chiffre d’affaires 2025 620 millions d’euros 400 millions d’euros

Un groupe d’environ 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires et 1 800 salariés

Paquets de pates et boites de cereales sur comptoir

Une fois réunis, Panzani et Cerealis afficheraient un chiffre d’affaires annuel consolidé d’environ un milliard d’euros, pour 1 800 salariés. Les deux partenaires parlent d' »un acteur agroalimentaire de premier plan ». Les titres de presse, eux, ont vite évoqué un géant européen des pâtes.

620 M€ + 400 M€ : d’où vient le « milliard » ?

L’addition des deux chiffres d’affaires 2025 donne 1 020 millions d’euros, d’où l’ordre de grandeur annoncé. Certains titres avancent aussi 1,8 milliard d’euros, mais ce montant ne figure pas dans les éléments du communiqué. Ne le confondez pas avec le chiffre d’affaires du futur ensemble.

Qui dirige le nouvel ensemble : Lyon, Porto et la gouvernance

Le schéma annoncé repose sur une organisation décentralisée, qui préserverait « l’autonomie opérationnelle et industrielle de chacune des deux entreprises ». Chacune garderait donc ses équipes et ses usines sous sa propre direction.

Côté français, Albert Mathieu resterait PDG de Panzani, avec un rôle élargi : son « périmètre serait étendu aux activités du nouvel ensemble en Europe centrale ». Le siège resterait à Lyon.

Côté portugais, Paula Meireles conserverait la direction générale de Cerealis pour les activités ibériques et les marques de distributeur, depuis Porto. Enfin, Pedro Moreira da Silva, actuel vice-président de Cerealis, assurerait la conduite d’ensemble du nouveau groupe et piloterait les initiatives communes. C’est lui qui aurait la vue d’ensemble, ce qui explique que beaucoup parlent d’un passage sous pavillon portugais.

Qui détiendrait le capital : CVC, Cerealis et Sofina

Aujourd’hui, Panzani est contrôlé par le fonds d’investissement CVC Capital Partners. Cerealis appartient aux familles Moreira Da Silva et Silva Domingues, ainsi qu’à la société d’investissement Sofina.

Après l’opération, le groupe aurait « un actionnariat européen stable et de long terme ». Les actionnaires actuels de Cerealis y seraient présents « aux côtés de CVC Capital Partners, qui conserverait une participation minoritaire ». Le fonds ne sortirait donc pas du jeu, mais il ne tiendrait plus les commandes.

Le communiqué ne détaille pas la répartition exacte du capital ni la structure juridique du futur groupe. Parler d’un Panzani « devenu portugais » reste donc une lecture, pas un fait établi.

Les conditions avant toute finalisation

Le projet n’est pas bouclé. Il reste soumis à l’information et à la consultation des instances représentatives du personnel, ainsi qu’à des autorisations réglementaires. Tant que ces étapes ne sont pas franchies, les négociations peuvent évoluer, voire s’arrêter.

Pour le consommateur, rien ne change à ce stade : mêmes pâtes, mêmes sauces, même couscous en rayon. Pour savoir ce que deviendra réellement la marque, il faudra attendre l’issue des consultations et les précisions que les deux groupes apporteront sur leurs portefeuilles de produits.

Reste une question de fond que ce rapprochement relance : celle de la souveraineté alimentaire. Le leader français des pâtes passerait dans un groupe à gouvernance et actionnariat européens, avec un siège maintenu à Lyon. À chacun de juger si cela change quelque chose, mais les prochains mois diront ce qui sera vraiment confirmé.

Thimeo écrit sur la finance et l'immobilier pour Affaires & Futur. Curieux de comprendre comment fonctionne l'argent et comment se construit un patrimoine, il rend accessibles les sujets qui font souvent peur : crédit, fiscalité, investissement locatif.

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Article publié par la rédaction de Affaires & Futur.

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