Votre pompe tourne encore alors que personne ne se baigne plus depuis des semaines. Chaque heure de filtration coûte de l’électricité pour un bassin que vous n’utilisez déjà plus. Il existe pourtant un seuil précis, connu de tous les pisciniers, qui indique le bon moment pour arrêter.
Ce seuil, c’est 12°C. Sous cette température de l’eau, les algues et les micro-organismes ne se développent quasiment plus. Vous pouvez donc couper la filtration en toute sécurité, sans craindre de retrouver un bassin vert au printemps. C’est le repère utilisé par la plupart des professionnels pour déclencher l’hivernage.
12°C : le seuil pour couper la filtration et économiser
Tant que l’eau reste au-dessus de 12°C, une activité biologique persiste dans le bassin. Les algues profitent de la moindre lumière et de la chaleur résiduelle pour proliférer, même en octobre. Couper la pompe trop tôt, c’est prendre le risque de devoir traiter une eau verte quelques semaines plus tard, ce qui coûte largement plus cher que les quelques euros d’électricité économisés.
Une fois ce seuil franchi, le calcul change complètement. La consommation électrique d’une pompe de piscine tournant plusieurs heures par jour représente souvent l’un des postes les plus lourds de la facture liée au bassin. Arrêter la filtration pendant cinq à six mois d’hiver permet de réaliser une économie réelle, sans aucune conséquence sur la qualité de l’eau puisque le froid fait le travail à la place de la pompe.
La date exacte varie selon la région. Dans le sud de la France, ce seuil est généralement atteint mi-octobre, parfois début novembre lors d’un automne doux. Plus au nord, la baisse est souvent plus précoce, dès début octobre. Le plus fiable reste de surveiller un thermomètre de bassin plutôt qu’une date sur un calendrier.
Hivernage actif ou passif : quelle méthode choisir ?
Une fois le seuil de température atteint, deux stratégies s’opposent. Le choix dépend surtout de votre région, du type de piscine et de votre tolérance au risque de gel.
L’hivernage actif : filtration réduite
L’hivernage actif consiste à laisser tourner la pompe quelques heures par jour, généralement entre une et deux heures, en pleine journée. L’eau continue de circuler dans le circuit hydraulique, ce qui limite le risque de gel dans les canalisations et évite la stagnation. C’est la méthode recommandée dans les régions où les températures négatives restent rares ou modérées.
L’avantage, c’est que le bassin reste globalement prêt à l’emploi et que la surveillance de l’équilibre de l’eau est plus simple. L’inconvénient, c’est que les économies sur la consommation électrique restent limitées puisque la pompe continue de fonctionner, même réduite.
L’hivernage passif : arrêt complet et économies maximales
L’hivernage passif, lui, correspond à un arrêt total de la pompe pendant toute la saison froide. C’est la solution qui maximise les économies d’électricité, et c’est aussi la plus adaptée aux régions où le gel est fréquent et intense. Sans circulation, il faut en revanche protéger soigneusement le circuit hydraulique contre le gel, faute de quoi les canalisations peuvent éclater.
Pour comparer concrètement les deux méthodes sur une saison de baignade terminée :
| Critère | Hivernage actif | Hivernage passif |
|---|---|---|
| Fonctionnement pompe | 1 à 2 h/jour | Arrêt total |
| Coût électrique hiver (estimation) | 60 à 100 € | 0 € |
| Risque de gel | Faible | Présent si mal préparé |
| Région conseillée | Sud, littoral | Nord, zones froides |
La procédure pour arrêter la pompe en toute sécurité

Arrêter la filtration ne se résume pas à couper un disjoncteur. Un bassin mal préparé pour l’hiver peut se transformer en piège à problèmes dès le redémarrage. Voici les étapes à respecter dans l’ordre.
- Nettoyer soigneusement le bassin : brossage des parois, aspiration du fond, nettoyage du filtre pour retirer tous les débris.
- Vérifier et ajuster l’équilibre de l’eau (pH, TAC, dureté) avant l’ajout de tout produit d’hivernage.
- Ajouter un produit d’hivernage adapté, qui limite la prolifération d’algues et de bactéries pendant l’arrêt.
- Vidanger partiellement le circuit hydraulique en cas d’hivernage passif, pour évacuer l’eau des canalisations exposées au gel.
- Placer des flotteurs anti-gel ou des bouchons d’hivernage sur les skimmers et les buses de refoulement.
- Couvrir le bassin avec une bâche d’hivernage pour limiter l’entrée de feuilles, de débris et de lumière.
La vidange ne concerne jamais la totalité du bassin, seulement le circuit et parfois quelques centimètres d’eau sous le niveau des skimmers en hivernage passif. Vider entièrement une piscine expose la structure à des risques de déformation ou de fissure, surtout pour les coques et les liners.
L’erreur du redémarrage précipité
Au printemps, beaucoup remettent la pompe en route avant d’avoir réouvert toutes les vannes du circuit. Résultat : la pompe tourne à vide, sans amorçage possible, et peut griller en quelques minutes. Ouvrez systématiquement toutes les vannes avant toute remise en marche.
Les erreurs qui transforment l’arrêt en catastrophe
La première erreur consiste à couper la filtration trop tôt, par simple envie d’économiser, alors que la température de l’eau dépasse encore les 12°C. L’eau verte qui en résulte demande souvent un choc chloré, un nettoyage complet du filtre et parfois plusieurs jours avant de retrouver une eau claire, ce qui annule largement l’économie visée.
La deuxième erreur touche le gel. Un circuit hydraulique non vidangé ou mal protégé peut se fissurer dès les premières nuits sous zéro. Les réparations de tuyauterie ou de pompe qui en découlent coûtent souvent plusieurs centaines d’euros, largement plus que ce que rapporte l’arrêt anticipé de la filtration.
La troisième erreur concerne le redémarrage : vannes fermées, filtre encrassé, ou pompe qui n’a pas été purgée d’air avant la remise en eau. Un contrôle méthodique de chaque élément du circuit avant de rallumer évite ces mauvaises surprises et prolonge la durée de vie de l’équipement.
Le bon réflexe reste donc de surveiller la température plutôt que le calendrier, de choisir la méthode d’hivernage adaptée à votre région, et de suivre chaque étape de préparation sans en sauter aucune. C’est ce qui garantit à la fois des économies réelles sur la facture électrique et un bassin prêt à rouvrir sans mauvaise surprise à la prochaine saison de baignade.





