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Pensions 2027, la revalorisation prévue ne suivra pas les prix et l’écart variera selon les retraités

Deux seniors assis a une table comparant des enveloppes

Votre pension de retraite va-t-elle suivre l’inflation l’an prochain ? Pour une partie des retraités, la réponse pourrait être non. Le projet de budget de la Sécurité sociale pour 2027 prévoit une sous-indexation des pensions, c’est-à-dire une hausse inférieure à celle des prix, voire nulle, selon le niveau de revenus.

Le texte n’est pas adopté, loin de là. Mais ses effets, s’il passait tel quel, ne seraient pas les mêmes pour tout le monde. Voici qui serait touché, de combien, et où en est le débat.

Sous-indexation 2027 : les trois seuils de revenus qui déterminent la revalorisation

Le mécanisme repose sur une règle simple à énoncer. Seule la retraite de base est concernée, mais le taux appliqué dépend du total de vos pensions, base et complémentaire réunies. Le scénario de travail retient une inflation estimée à 1,7 %.

Total des pensions par mois Revalorisation de la retraite de base Effet
Moins de 1 260 euros 1,7 %, soit l’inflation estimée Protection complète
De 1 260 à 2 000 euros 0,85 %, soit la moitié de l’inflation Premier coup de rabot
Plus de 2 000 euros 0 %, gel de la pension de base Perte de pouvoir d’achat mécanique

Autrement dit, plus votre pension totale est élevée, plus l’écart avec les prix se creuse, un mécanisme que détaille aussi notre article sur la revalorisation des retraites en janvier 2027. Les petites pensions restent à l’abri. Les pensions intermédiaires subissent une demi-revalorisation. Au-delà de 2 000 euros, le gel de la retraite de base en 2027 signifie que cette part de votre revenu reste exactement où elle est, même si le coût de la vie monte.

Exemple chiffré : 306 € de manque à gagner pour un retraité à 2 500 €

Pour mesurer l’effet concret, l’étude d’impact du gouvernement prend un cas type. Un retraité perçoit 2 500 euros par mois au total, dont 1 500 euros de retraite de base. Avec une revalorisation normale de 1,7 %, sa pension de base aurait gagné 25,50 euros par mois.

Le gel supprime cette hausse. Sur une année complète, cela représente un manque à gagner de 306 euros. Ce chiffre vient d’un exemple précis de l’étude d’impact, pas d’une moyenne de tous les retraités concernés. Votre propre perte dépend de la part de retraite de base dans votre pension.

306 € : une hausse non perçue, pas une baisse

Votre pension actuelle ne diminuerait pas. Ce qui disparaît, c’est l’augmentation que vous auriez dû toucher. L’effet se cumule malgré tout dans le temps, puisque la base de calcul des années suivantes reste plus basse.

Pourquoi la retraite complémentaire Agirc-Arrco n’est pas concernée

Calculatrice stylo et dossier papier sur bureau en bois

La retraite complémentaire Agirc-Arrco obéit à ses propres règles de revalorisation. Le projet ne la touche pas. Elle compte en revanche dans le calcul des seuils, puisque c’est le total des pensions qui détermine votre tranche.

Cette construction crée des écarts parfois surprenants. À revenu total égal, un ancien salarié dont la pension repose surtout sur la retraite de base serait proportionnellement plus pénalisé qu’un ancien cadre dont une grande partie des revenus vient de la complémentaire. Deux retraités à 2 500 euros par mois ne perdraient donc pas la même somme.

Pourquoi le gouvernement demande cet effort aux retraités

L’objectif affiché est de réaliser des économies dans le budget 2027 tout en protégeant le pouvoir d’achat des retraités les plus modestes. Les économies recherchées sur cette mesure avoisinent 5,5 milliards d’euros, dans un budget où pèse aussi l’effort budgétaire demandé aux ménages. Le gouvernement présente la modification des règles comme temporaire.

Pour les retraités, l’argument passe mal. Le gel touche des pensions qui ne sont pas forcément élevées, puisque le seuil de 2 000 euros s’applique au total de la base et de la complémentaire. D’autres mesures du projet de budget visent aussi les retraités, comme l’abattement fiscal ou la majoration pour trois enfants, ce qui alimente l’inquiétude sur le pouvoir d’achat.

Où en est le projet : rejet en commission et arbitrage au Parlement

Au 23 octobre 2026, rien n’est décidé. Le 16 octobre, la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale a voté la suppression de l’article qui instaurait la sous-indexation. C’est un revers politique pour le gouvernement.

Ce vote ne signe pas pour autant l’abandon de la mesure. L’exécutif peut tenter de la réintroduire lors des débats dans l’hémicycle. Les seuils, les taux et même le principe du gel pourraient encore bouger, être modifiés ou disparaître.

Concrètement, aucune perte n’est acquise tant que le projet de loi de financement de la Sécurité sociale n’a pas été définitivement voté par le Parlement. Le plus utile à ce stade est de repérer dans quelle tranche vous vous situez, en additionnant vos pensions de base et complémentaires, puis de suivre l’évolution du texte dans les prochaines semaines.

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Article publié par la rédaction de Affaires & Futur.

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